Etre ou ne pas être démolie?

Publié le 1 Juillet 2015

Etre ou ne pas être démolie?

Le projet du maire de démolir la maison alsacienne située au 23 rue du Moulin pour y construire un parking de 16 places fait couler beaucoup d'encre et de salive.

Le maire semble y tenir beaucoup. Peut être parce que ce parking concerne son quartier? Peut être s'est il engagé auprès de certains de ses voisins dépourvus de garage puisque c'est l'un de ses arguments?

 

L'ASMA, Association pour la Sauvegarde de la Maison Alsacienne y est opposée et un conseiller municipal de la majorité a émis des regrets et n'a pas pris part au vote du conseil municipal.

Les conseillers municipaux de la minorité sont défavorables à ce projet,

« sans intérêt public suffisant compte tenu des perspectives des finances communales ».

Pour que chacun puisse juger, WPA publie ci après deux articles des DNA du 4 et 12 juin 2015 puis deux correspondances du Président de l'ASMA, avec en préambule quelques citations contradictoires.

Selon le maire de Wolfisheim, la maison est« irrécupérable ». « L’association pour la sauvegarde de la maison alsacienne était d’accord avec moi ». L'ASMA n'a « jamais repris contact avec la commune sur ce dossier […] Sans retour de leur part, nous avons ainsi considéré "légitimement" que l’association n’était pas défavorable au projet »

 

Selon Bruno De Butler, Président de l'ASMA,

« je vous confirme notre désaccord concernant la démolition de cette maison ».

« Un acquéreur avait pour projet de rénover la maison alsacienne pour y habiter et d’aménager la grange pour y exercer son activité professionnelle de maître d’œuvre dans le secteur du bâtiment. Si la maison alsacienne n’était pas restaurable il y a fort à parier que ce professionnel du bâtiment ne s’y serait pas intéressé, ce qui ne fut pas le cas ».
« Nous avons écrit au maire afin de nous revoir pour établir une expertise contradictoire mais nous n’avons jamais eu de rendez-vous ».

 

Premier article des DNA du 4 juin.

Wolfisheim - Au conseil municipal : la placette en débat
L’avenir du corps de ferme rue du Moulin, que la municipalité entend transformer en
placette avec du stationnement, a de nouveau animé les échanges mardi soir.
Le dossier du 23 rue du Moulin était doublement à l’ordre du jour de la séance du conseil municipal de Wolfisheim mardi soir.
D’abord, avec la modification numéro 11 du plan d’occupation des sols, qui inscrit notamment un emplacement réservé sur le terrain « pour créer une placette publique comportant du stationnement à l’intersection des rues du Moulin et de la Chapelle ».
« On s’est déjà longuement exprimés sur ce sujet », a déclaré Laurence Lutz, dont le groupe a voté contre. Pour mémoire, au lieu d’un aménagement avec espace vert et places de parking, l’opposition préférerait qu’y soit réalisée une opération de logement intégrant un parking accessible au public.
Le point suivant visait à racheter le terrain en question à l’Eurométropole, pour un coût de près de 207 000 euros, financés à plus de 80 % par un emprunt. « Après une phase de construction et de densification, il s’agit de redonner de l’oxygène au centre du village, engorgé par les véhicules, principalement ceux des riverains », a expliqué le maire,
Eric Amiet. L’aménagement envisagé permettrait de créer 16 places de parking, également « importantes pour accéder aux commerces, aux services, aux cultes au centre du village », a poursuivi le premier édile. « Le coût de l’opération est somptuaire », a fait valoir Laurence Lutz. « Ce projet ne correspond pas aux besoins du village, et je note que vous êtes favorable au fait que ces places de stationnement soient utilisées par des riverains
[qui ont parfois leur propre parking, ndlr] », a appuyé, toujours pour l’opposition, Bernard Crozet. « Ce sera une place publique, cela ne me dérange pas à titre personnel », a répondu Eric Amiet.
Quant au fait de savoir si le bâtiment n’aurait pas mérité d’être rénové au vu de sa valeur patrimoniale, question posée par Christophe Hodapp (qui n’a pas participé au vote), le maire a indiqué qu’il était « irrécupérable ». « L’association pour la sauvegarde de la maison alsacienne était d’accord avec moi. On ne peut pas obliger les propriétaires à entretenir leurs bâtiments, et tous n’en ont pas les moyens ».

 

Deuxième article des DNA du 12 juin
Wolfisheim - Démolition du 23 rue du Moulin.

L’association pour la sauvegarde de la maison alsacienne pas d’accord.

 

La lecture du compte rendu du dernier conseil municipal de Wolfisheim, où figurait la question de l’acquisition de la maison sise au 23 rue du Moulin en vue de sa démolition pour aménager une placette, a fait réagir l’association pour la sauvegarde de la maison alsacienne. « Nous travaillons dans l’optique de préserver ces maisons, nous ne pouvons pas laisser dire que nous sommes d’accord avec cette démolition », déclare Bruno De Butler, président de l’association.

Interrogé lors de la séance du 2 juin sur le fait de savoir si la maison n’aurait pas mérité d’être rénovée au vu de sa valeur patrimoniale, Eric Amiet, maire de Wolfisheim, avait répondu que le bâtiment était irrécupérable et que l’association pour la sauvegarde de la maison alsacienne, qu’il avait rencontrée, partageait ce diagnostic. « C’est faux. La secrétaire de l’association a rencontré le maire le 3 septembre dernier, et ils se sont quittés en désaccord sur la question. Nous avons donc écrit au maire afin de nous revoir pour établir une expertise contradictoire mais nous n’avons jamais eu de rendez-vous », indique Bruno De Butler. « Notre architecte pense qu’on peut la sauver, qu’il y a des travaux certes importants mais qu’elle est restaurable. » Un acheteur se serait d’ailleurs proposé de réaliser ces travaux, selon M. De Butler, mais l’Eurométropole a préempté.

 

« Ils n’ont pas souhaité la voir »

Du côté de la municipalité, on a une lecture différente de cette réunion, qui portait plus largement sur l’avenir de plusieurs maisons alsaciennes du village. Présentant l’idée de placette et l’hypothèse d’une démolition, le maire aurait demandé son avis à l’association, proposant une visite de la maison, située à quelques mètres de la mairie. « Ils n’ont pas souhaité la voir », précise-t-on en mairie, « et n’ont jamais repris contact avec la commune sur ce dossier ni pour évaluer ce bien. […] Sans retour de leur part, nous avons ainsi considéré légitimement que l’association n’était pas défavorable au projet »

 

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CORRESPONDANCES de Bruno Butler, Président de l'ASMA.

 

COURRIEL de Bruno de Butler du 11 juin (extraits).

Bonjour.

Ci-dessous le mail envoyé aux DNA.

Merci aux habitants de Wolfisheim, qui se sont inquiétés de nous croire d’accord avec la démolition, de diffuser ce rectificatif autour d’eux.

 

De : Bruno de Butler 
Envoyé : jeudi 11 juin 2015 10:41
À : ****@dna.fr
Objet : "Placette" à Wolfisheim
Importance : Haute

 

Bonjour Madame.

 

En suite à notre entretien, je vous confirme notre désaccord concernant la démolition de cette maison.

Ce n’est pas une position idéologique de notre part : dans le même village, nous ne nous sommes pas opposés à celle de la maison qui était située au 27 rue de la Mairie et laissée à l’abandon depuis trop longtemps. Nous défendons la restauration du 25 rue de la Mairie, et avons été alertés trop tard pour la démolition de celle qui était située à l’entrée du village, également rue du Moulin.

Nous suivons le dossier du 23 rue du Moulin depuis juin 2014.

·        Notre secrétaire a rencontré le maire le 3 Septembre 2014. Un désaccord sur l’état de la maison a été constaté. Il a été convenu d’une expertise contradictoire.

·        Le 7 septembre 2014 nous avons écrit au maire en lui demandant de nous indiquer les disponibilités de son expert. Nous n’avons jamais eu de réponse à ce courrier (joint).

·        C’est un des dossiers que nous avons évoqué lors d’un entretien avec les Architectes des Bâtiments de France.

·        Parallèlement, nous avons mandaté un de nos architectes pour assister le propriétaire, qui souhaitait vendre à une personne désireuse de restaurer la maison.
Voici quelques considérations qui ont été abordées lors du traitement de ce dossier :

o   Le caractère exceptionnel de la maison alsacienne et de l’ancienne grange à colombage 
L’immeuble est un des derniers corps de ferme du village de WOLFISHEIM.
Des recherches effectuées démontrent que la maison alsacienne date pour le moins du siècle dernier, puisqu’elle existait déjà de façon certaine en 1875.
Il s’agit d’une maison faisant partie du patrimoine architectural du village, typique de l’habitat vernaculaire alsacien, qui plus est située dans le périmètre de protection d’un monument historique.
Il est d’ailleurs surprenant (voir choquant) que la Mairie envisage de détruire cet ancien corps de ferme pour en faire ... un parking !
Cet ancien corps de ferme devrait bénéficier d’une mesure de protection architecturale.

o   Une rénovation réalisable
Cette maison ancienne doit être rénovée et la rénovation est possible, contrairement à ce qu’indique la CUS dans son courrier de préemption.
Il est contesté que son état soit très mauvais au point d’empêcher toute mesure de protection ou tout projet de rénovation. 
Une attestation rédigée par M. X, Architecte DPLG missionné par l’ASMA (Association pour la Sauvegarde de la Maison Alsacienne) certifie la rénovation possible de cette maison.
Les toitures de deux granges sont récentes et la structure de la maison est stable.
M. X estime pour sa part que la maison date du XVIIIème siècle pour le moins.
Il convient également de noter que le candidat acquéreur, M. Y, avait pour projet de rénover la maison alsacienne pour y habiter et d’aménager la grange pour y exercer son activité professionnelle de maître d’œuvre dans le secteur du bâtiment.
Si la maison alsacienne n’était pas restaurable il y a fort à parier que ce professionnel du bâtiment ne s’y serait pas intéressé, ce qui ne fut pas le cas.

 

Je reste à votre disposition si vous souhaitiez plus d’éléments.

 

Bien cordialement

Bruno de Butler

 

LETTRE du 7 septembre 2014 (extraits).Association pour la Sauvegarde de la Maison Alsacienne

Bruno de Butler
Monsieur le Maire,
Je vous remercie pour l'entretien que vous nous avez accordé le Mercredi 3 Septembre, lors
duquel notre secrétaire Clémentine Josseaume eut l'opportunité de vous présenter notre
association et d'aborder avec vous les maisons que nous considérons en danger dans votre
commune : le corps de ferme situé au 27 rue de la Mairie, et celui sis au 23 rue du Moulin.
Nous avons pris bonne note de votre ferme intention de refuser systématiquement tout permis de démolir du premier, ce dont nous nous réjouissons, et de votre volonté de préempter et de démolir le second que nous regrettons.
Toutefois, nous vous remercions pour cette proposition de rendez-vous sur ce dernier site, afin de confronter les deux points de vue contradictoires d'experts au sujet de l'état structurel de ce corps de ferme.
Nous vous saurions gré de nous faire part des disponibilités de l'expert de votre convenance afin de convenir dans les meilleurs délais d'un rendez-vous sur site, au 23 rue du Moulin, auquel un architecte conseil de notre association pourra venir.


En vous remerciant encore pour le temps et l'intérêt que vous avez eu l'amabilité de nous
accorder, et dans l'attente d'une proposition de date pour le rendez-vous mentionné, je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes sincères salutations.
Bruno de Butler

Rédigé par WPA

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